Morceaux de Ciels
Dédié à Karlheinz Stockhausen,
pour son 70e anniversaire
- Année 1996
- Durée 00:25:25
- Référence catalogue 89
- Concert
- œuvre octophonique
- œuvre documentée
Paris, Maison de Radio France
les 50 ans de la Musique concrète
Dédié à Karlheinz Stockhausen, pour son 70e anniversaire - Commande d'État
Voici une suite de “ciels”, c'est-à-dire autant de “ plages de couleurs et de vitesses (…), ces qualités impalpables ” (Bayle). La composition octophonique, abordée avec les Inventions (cf. ci-dessus, La Main Vide, 1994-95) s'y déploie largement en multiples figures d'espace : ciels statiques et flottants, stratifiés; sonorités enchevêtrées, ménageant bifurcations et échappées acides; tapisseries sonores tout en équilibres. Il y a aussi cette qualité récurrente d'un son comme vaporeux et doucement lointain, qui donne une impression d' “ auto référence ”, comme d'un son tourné vers lui-même (je parlais déjà d'un son-cocon à propos de Bâton de pluie, cf. ci-dessus). Les variations sont internes; c'est un son qui “ne sort pas” et que l'écoute scrute. Mais, par ces raisons mêmes, il suscite une musique totalement ouverte, libre, affranchie des récurrences temporelles. (On retrouve des orientations poétiques déjà à l'œuvre dans Son Vitesse-Lumière.) On peut y voir aussi le paradoxe d'un refus de fixation, alors que cette musique (acousmatique/électroacoustique) est justement celle de la fixation maximale (celle de la “matière” sonore elle-même). C'est que la capture acousmatique permet, paradoxalement, de rendre le son à sa liberté — de l'ouvrir à son ciel.