L'Oreille étonnée
- Année 2006
- Durée 00:19:20
- Référence catalogue 95a
- Concert
- œuvre octophonique
Cologne
Symposium F.B.
Cette oreille étonnée n'est plus aussi désorientée, voire affolée, que dans les dernières grandes pièces octophoniques du compositeur. Son écriture est plus « classique », plus sagement successive. Ce qui ne l'empêche pas d'être une pièce puissante et contrastée, aux fluidités souvent contrariées, aux sons anguleux, travaillant en oppositions de registres.
L'auteur l'offre « comme un salut à Olivier Messiaen, un hommage aussi à la Salle qui porte son nom – Maison de Radio-France, celle-là même qui fut le haut lieu de l'Acousmonium et des concerts du Cycle Acousmatique, ces trente années durant … (1977-2007) ».
Des nappes résonantes peuvent se comporter comme un plan d'eau qu'une poussée de vent viendrait rider.
Surgit alors l'ourlet d'une vague : détails de son déferlement.
Voici donc des formes-sources. Des textures flûtées, qui peuvent lentement s'ouvrir en éventail. Ou subitement d'un geste brusque. Des rideaux de pluie, des aventures de lignes, souvent traversées de spirales giratoires. Des horizons de cloches douces en chapelets, des processions de trompes, perturbées de frémissements.
Parmi ces continuelles désorientations, périodiquement intervient une figure-refrain pour guider l'avancée, marquer les paliers d'ascension.
Progressivement le flux horizontal laisse émerger des pôles harmoniques. Vient un moment où ces pôles (jusqu'alors disséminés) se soudent en blocs d'accords.
Alors un basculement : les blocs forment figure, les flux sont circonscrits.
Forme-but.
F.B.