Biographie

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Madagascar - Tamatave - Le Port - 1932-1936

François Bayle est né en 1932 à Madagascar. Enfance dans la brousse et à Mayotte, l’une des îles Comores, Lycée à Tananarive. C’est dans la France d’après guerre (1945), à Bordeaux, qu’il vient terminer ses études puis s’installer à Paris (1954) où il abordera sérieusement mais en autodidacte la composition musicale.

D’abord instituteur (1955-60), il entre au Service de la Recherche dès la création de celui-ci en 1960.
Engagé presque dès le départ dans l’aventure de la musique concrète auprès de Pierre Schaeffer dont il devient un collaborateur très proche, il assume dès 1966 la responsabilité du Groupe de Recherches Musicales – le GRM, qu’il renouvellera considérablement et qu’il dirigera de 1975 à 97 au sein de l’INA, en relation avec Radio-France et l’institution musicale nationale et internationale.

Cette activité d’animateur va le conduire à conjuguer sous bien des formes création et recherche, pratique et théorie, outils du faire et de l’entendre.

Au fil des décennies et des étapes technologiques vont se développer les résultats collectifs et s’affirmer sa propre production de création. Celle-ci tout en restant fidèle à l’attitude concrète en renouvelle les sonorités et le langage par une autre approche.

Acousmatique

Dès 1974 il se préoccupe de la théoriser, d’abord en imaginant un dispositif original de projection sonore généralisable à toutes les esthétiques : “l’acousmonium”, formule dont l’efficacité s’apparente à ses yeux au principe du déploiement “symphonique”, avec les infinies solutions formelles qui en découlent. Il en résultera sous sa direction un Cycle de concerts où auront été créées près d’un millier d’œuvres de plusieurs centaines d’auteurs invités.

Comme compositeur, il cherchera à approfondir la modalité – qu’il nomme “acousmatique” – d’une nouvelle approche musicale, celle de la pensée perceptive conduite par les formes et fondée sur les archétypes. Cette interprétation du monde des sons autonomes se nourrit volontiers de la réflexion temporelle des poètes ou des philosophes “naturalistes”, comme du point de vue spatial des “visualistes”, peintres ou cinéastes. Toutefois ces considérations ne sont avancées par leur auteur que pour ouvrir ou guider l’écoute parmi la grande variété de ses œuvres fort diverses par leurs effectifs sonores, leurs formes et durées, textures et figures, espaces et mouvements.

Compositions

Mises à part les premières années (1963 à 69) où les œuvres sont encore instrumentales – destinées moins souvent au concert qu’écrites pour le microphone, compositions sonores pour des films d’animation de P. Kamler, R. Lapoujade – la production de F.B. “pour sons projetés” se réalise exclusivement en studio.

Sa première œuvre affirmée, Espaces Inhabitables (1967 - n°26 de son répertoire) connaîtra un succès immédiat au concert et au disque, en chorégraphie et à la TV. Dans une écriture proche, Jeîta ou murmure des eaux (1970 - n°42), une composition à partir des images sonores d’une grotte au Liban. Cette première époque de production sera aussi celle d’un projet aux dimensions utopiques, l’Expérience Acoustique (1969/72 - n°41 à 52) en cinq chapitres et 14 pièces qui explorent les dimensions objectives et subjectives de l’écoute. Tandis que La Divine Comédie (Purgatoire et Paradis terrestre) en avive la dimension pathétique (1972 - n°50).

Les années 70, si riches d’auteurs et d’œuvres, au croisement des techniques analogiques et numériques, seront pour F.B. celles du renouvellement total de la forme et de sa projection en concert acousmatique. Vibrations composées (1973 - n°57), Grande Polyphonie (1974 - n°62), Camera oscura (1976 - n°64), Tremblement de terre très doux (1978 - n°66), ces œuvres présentent l’originalité d’organiser les trajets et les durées en processus et en registres découpés et variés, comparables en invention sonore à celle des formes d’écriture instrumentale (en duo, quatuor, à cordes ou à vents, pour percussions ou pour la masse symphonique).

Mais aux catégories traditionnelles viennent s’ajouter ici les dimensions de profondeur et de mobilité spatiale par lesquelles F.B. cherche à renouveler la perspective d’écoute et accéder à une capacité perceptive multi sensorielle.

D’où le caractère dynamique de son vocabulaire sonore (montage cut, célérité extrême des figures, hétérophonie des mix, harmonies colorées, élargissement spectral vers l’aigu…)

Des années 80 jusqu’à aujourd’hui son répertoire s’accroît d’œuvres utilisant de plus en plus les ressources audionumériques, impliquant toujours davantage l’écoute du mouvement et de ses figures.

Les “utopies” se poursuivent - ces suites dont la large durée engage à une immersion complète qui transforme la perception habituelle.

Ainsi Erosphère : 1980

1.la fin du bruit,
2. tremblement de terre très doux,
3. toupie dans le ciel.

Son Vitesse-Lumière : 1981/83

1. grandeur nature,
2. paysage, personnage, nuage,
3. voyage au centre de la tête,
4. le sommeil d’Euclide,
5. lumière ralentie.

Fabulæ : 1990/91

1. fabula,
2. onoma,
3. nota,
4. sonora.

Et plus récemment, en octophonie désormais, les cinq moments de La forme du temps est un cercle. 1998/2001

Que prolonge La forme de l’esprit est un papillon. 2001/03

En alternance viennent des œuvres “à thème”, ainsi :

Les Couleurs de la nuit 1982
Motion-émotion 1985
Théâtre d’ombres 1988
La Main vide 1992/95

et en octophonie :
Morceaux de ciels 1997

Outre certains mouvements détachés des suites (par exemple chacune des Fabulæ), apparaissent aussi les formes brèves conçues comme telles :

Mimaméta 1989
Arc, pour G. Grisey 1996
l’Infini du bruit 1980/97
Jeîta-Retour 1970-08

Récemment, toujours en octophonie,

Univers nerveux 2005/07
in memoriam K. Stockhausen
L’Oreille étonnée 2006/08
en hommage à O. Messiaen
Rien n’est réel 2009/10
Déplacements 2011/12
Deviner-devenir
2013/14

Et, en écho à l’Expérience Acoustique, comme une réflexion sur le chemin parcouru, Le Projet « Ouïr » ou Scènes de la Vie de l’écoute : Qui ? / Comme… / Sans… / Vers… / Où ? 2015/19


Persona
2020-21
Zoom 1 – 2 – 3 2021-2023
Objeux 2024

En exergue de Tremblement de terre très doux, on peut lire ceci, qui pourrait s’appliquer à toute la production de F.B.

Les propriétés souterraines de l’écoute bousculent doucement les idées.

Depuis 1990, François Bayle a créé son propre atelier audionumérique et multiphonique : le studio et label Magison. Quittant le GRM en 1997, il se consacre désormais complètement à la recherche, l’écriture et la composition.


CD audio

Vinyls

Livres + DVD-rom

Distinctions & titres

Commandeur des Arts et Lettres 1986
Chevalier de la Légion d’honneur 1991
Officier dans l’Ordre national du Mérite 1997

Grand Prix des Compositeurs SACEM 1978
Grand Prix National du Disque 1981
Grand Prix de la Musique de la Ville de Paris 1996
Grand Prix Musique de la Ville de Paris 1996
Grand Prix de l’Académie Charles Cros 1999 (pour l’ensemble du Catalogue CD Magison)
Grand Prix Del Duca de l’Académie de France 2007
Prix de la Fondation Arthur Honegger / Académie de France 2011
Qwartz Pierre Schaeffer 2011

Prix Ars Electronica Linz 1989
Docteur honoris causa de l’Université de Cologne 2006

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Écrits

Musique acousmatique, propositions… positions
Buchet/Chastel, Paris, 1993

F. Bayle, parcours d’un compositeur
Michel Chion, Annette Vande Gorne – Lien, Ohain, 1994

L’image de son, technique de mon écoute
I. Misch / Ch. Blumröder - Lit Verlag, Münster, 2003. rééd. 2007

François Bayle - Portraits polychromes
E. Gayou / D. Teruggi - Ina-Grm, Paris, 2003 – réédition 2007

Le monde sonore / The sound world / Die Klangwelt / de François Bayle
Ch. Blumröder, V. Apfel, Wien, 2012

Aventures d’écoute
Ch. Blumröder, L. Siano, Verlag der Apfel, Wien, 2020

Ouvrages collectifs

  • L’Espace : Musique/Philosophie,
    par Jean-Marc Chouvel et Makis Solomos,
    L’Harmattan, 1998

  • Ouïr, par François Delalande,
    Buchet/Chastel,1999

  • Le Son des Musiques, par François Delalande
    Buchet/Chastel, 2001

  • Manière de faire des sons,
    par Antonia Soulez et Horatio Vaggione,
    L’Harmattan, 2010

Revues

  • Space, and more…, in Organised Sound
    Leigh Landy éd., vol. 12 n° 3
    Cambridge University Press, Cambridge, 2007

  • Où (en) sommes-nous ? in L’Espace du son III
    Annette Vande Gorne éd., Musiques et Recherches, Ohain, 2010

  • En deçà, au delà… in Centenaire Pierre Schaeffer, MediArt
    Jerika Ziherl éd., Museum of Modern and Contemporary Art, Rijeka, 2011

Voir aussi

  • in Larousse de la Musique – bio F.B. par Michel Chion
    Larousse - Paris, 1982

  • in The New Grove Dictionary of Music – bio F.B. par Francis Dhomont
    Macmillan – London, 2000

  • in La Musique du XXe siècle – bio F.B. par J.N. von der Weid
    Hachette - Paris 1999, rééd. 2005

Livres / Dvd-rom

François Bayle - Concert 19??

Tamatave, Madagascar, 1932

On peut imputer à une enfance «non occidentale», à une formation musicale plus ou moins nomade et principalement autodidacte, son adaptation naturelle au caractère problématique des musiques expérimentales, surtout dans la situation des années 60, génération dans laquelle F.B. se situe dans ses débuts de compositeur.

Groupes et institutions

Responsable du GRM (Groupe de Recherches Musicales) en 1966, d’abord auprès de P. Schaeffer (Service de la Recherche de l’ORTF), puis au sein de l’INA (1975-1997), c’est à travers ces organismes au destin original que F.B rassemble et constitue les éléments de son expérience, acquiert et développe ses techniques personnelles d’un métier du son acousmatique.

Magison

Quittant le GRM en 1997, François Bayle installe son propre atelier audionumérique et multiphonique : le Studio Magison où il se consacre désormais complètement à la recherche, l’écriture et la composition.


F. B. dans le studio du GRM - 19?? - © R. Cahen

Repères biographiques

  • 1932-46
    Madagascar (Tamatave, les Iles Comores, Tananarive)
  • 1946-54
    Bordeaux( études de lettres et mathématiques), conseil auprès du pianiste G.Elocequi
  • 1955-59
    S’installe à Paris, instituteur. Rencontre avec P. Schaeffer. Classe d’analyse d’O. Messiaen.
  • 1961-62
    Stage GRM, Cours Internationaux de Darmstadt et de composition avec K.Stockhausen
  • 1960-63
    Entre au Service de la Recherche de l’ORTF nouvellement créé, nommé Secrétaire Général
  • 1963-66
    Chargé de Recherche au GRM.
  • 1966-75
    Quittant la rue de l’Université, le Service de la Recherche s’installe Centre Bourdan où P. Schaeffer lui confie la responsabilité du GRM.
  • 1975
    Création de l’INA dont le GRM devient un département.
  • 1975-97
    Nommé directeur de l’INA-GRM nouvellement installé Maison de Radio-France. Soutient la création d’outils sonores pour la composition: Syter (J.F.Allouis) – Midi Formers (S. de Laubier) – GRM Tools (H. Vinet, E. Favreau) – l’Acousmographe (O.Koechlin-E.Favreau)
  • 1997
    Quitte l’INA-GRM dont la direction est confiée à Daniel Teruggi.


Pour mémoire,
quelques dates au GRM

  • 1963
    Concert Collectif avec Ferrari, Malec, Parmegiani, Mâche…
  • 1966
    Parution du Traité des Objets Musicaux de P.Schaeffer et du Solfège de l’Objet Sonore
  • 1966
    A partir de cette date, série mensuelle de concerts Maison de Radio-France : Exposition des Musiques Expérimentales, et émissions régulières sur France-Musique et France-culture.
  • 1968
    Ouverture d’une Classe de Musique Electroacoustique au CNSM de Paris
  • 1974
    Inauguration de l’Acousmonium à l'Espace Cardin
  • 1979
    1e Cycle Acousmatique (programmation F.Bayle et I.Malec)
  • 1979
    Lancement d’une série de disques économiques « Série Gramme »
  • 1983
    1e Exposition Acousmatique au Centre Noroit d’Arras : Parmegiani, suivie de 6 autres jusqu’en 1988 : Malec, Henry, Bayle, Chion, L’Acousmathèque GRM, Lejeune
  • 1984
    1e disque compact « Concert imaginaire » (le 1er en France de Musique Contemporaine)
  • 1988
    Série de concerts 30-40 ans le GRM
  • 1989
    1er Concours International de Musique Acousmatique Centre Noroit Arras.
  • 1992
    Inauguration de l’Acousmathèque INA.-GRM à Radio-France ( G.Fillioud – J.N Jeanneney)
  • 1993
    Séminaires de Recherche (F. Delalande) et Portraits de Compositeurs « Empreintes »
  • 1995
    1er CD ROM « Les Musicographies » (O.Koechlin – D. Besson)
  • 1996
    Concert pour l’UER, (24 pays)  « L’internationale Acousmatique »
  • 1998
    Concert inaugural des « 50 ans de la Musique concrète »


F. B. dans son studio

Discographie

18 CD monographiques Cycle Bayle
Voir la discographie

Publications écrites

Musique acousmatique, propositions… positions
Buchet/Chastel, Paris 1993

Parcours d’un compositeur
M.Chion/Musiques et Recherches, Ohain 1994

L’image de son/Klangbilder (+ CD)
Lit Verlag, Münster 2003

François Bayle, portrait polychrome
M. de Maule, Paris 2004

Le Studio Magison

Quittant le GRM en 1997, François Bayle installe son propre atelier audionumérique et multiphonique: le Studio Magison où il se consacre désormais complètement à la recherche, l’écriture et la composition.

Une production régulière s’échelonne depuis les années soixante en périodes repérables. L’auteur lui-même en désigne les étapes comme des utopies où s’explorent la genèse des mouvements sonores, la grammaire de leur formation, leur relation avec les événements du monde physique et psychique.

Ainsi peut-on réunir les titres principaux autour des périodes suivantes :

  • 1963-66 Les sources instrumentales
    Trois portraits d’un Oiseau-Qui-N’existe-Pas, Archipel pour quatuor à cordes, Pluriel pour orchestre et bande (1963) Lignes et points (1966)
  • 1967-70 : L’espace des sons
    Espaces inhabitables (1967), Jeîta (1970)
  • 1970-72 : L’espace d’écoute
    L’Expérience Acoustique (V chapitres) : I. L’Aventure du cri (1970), II. Le Langage des fleurs (1971), III. La preuve par le sens, IV. L’épreuve par le son (1971), V. La Philosophie du Non(1972).
    Le Purgatoire, d’après La Divine Comédie de Dante (1972), Trois rêves d’oiseau (1972)
  • 1973-75 L’écriture acousmatique
    Vibrations composées (1973) Grande polyphonie (1974)
  • 1976-80 : Les questions formelles
    Camera oscura : Sept préludes et labyrinthe( 1976)
    Erosphère : I. La fin du bruit, II. Tremblement de terre très doux, III. Toupie dans le ciel (1980)
  • 1981-85 : Les nouvelles technologies
    Son Vitesse-Lumière : 1. Grandeur nature, 2. Paysage, personnage, nuage (1980), 3. Voyage au centre de la tête (1981), 4. Le sommeil dEuclide, 5. Lumière ralentie (1983) ; Les couleurs de la nuit (1982)
  • 1985-88 : Métaformes et métaphores
    Motion-Emotion (1985), Aéroformes (1983-86)
  • 1988-94 : Les nouveaux outils
    Théâtre d’Ombres : 1… derrière l’image, 2… ombres blanches (1988), Fabulae : Fabula, Onoma, Nota, Sonora(1990-91)
  • 1994-99 : La multiphonie
    La Main Vide : Bâton de pluie, La fleur future, Inventions (1994-95)
    Morceaux de ciels (1997), La forme du temps est un cercle : 1.concrescence, 2.si loin, si proche…, 3.tempi, 4.allures, 5.cercles(1998-01) ; Arc, pour G.Grisey (1999-04) ; La forme de l’esprit est un papillon : 1.ombrages et trouées, 2.couleurs inventées (2002-04) ; Univers nerveux (2004-05) ; Extra-Ordinaire (2005)

BAYLE François, 1932 – Tamatave

d’après Brigitte Massin in Encyclopædia Universalis Albin Michel

L’originalité de la démarche de Bayle tient en ceci que toute son activité musicale est vouée à l’exploration du monde « acousmatique », suivant une expression qu’il a généralisée. Vaste domaine au sein duquel se meut l’admirateur passionné de Jules Verne, Paul Klee, Gaston Bachelard, René Thom. Il est ainsi, tel l’explorateur, projeté dans le futur par le choix délibéré du matériau autour duquel s’organise sa création et inséré dans la réalité quotidienne et très concrète de nombreuses tâches liées à la découverte et à l’exploitation de son champ d’exploration, comme responsable du Groupe de Recherches Musicales (Ina-GRM) de 1966 à 1997, et désormais dans son propre studio Magison.

Né à Madagascar en 1932, il achève sa scolarité à Bordeaux, mais ne suit pas une filière classique de formation musicale. Celle-ci est personnelle : c’est au travail, et à partir des expériences sur le son lui-même, que Bayle se découvre et se forme. Se considérant comme redevable à Pierre Schaeffer en ce domaine, il reçoit par ailleurs les conseils de Messiaen et va suivre les cours de composition de Stockhausen.

S’il utilise encore dans ses premières œuvres des instruments traditionnels conjointement à la bande (Trois Portraits d’un Oiseau-Qui-N’existe-Pas, 1963), la référence à ceux-ci est pratiquement abandonnée par la suite.

Par le moyen d’une grammaire, d’une arithmétique nouvelle, uniquement dans le domaine de la manipulation du son, François Bayle cherche en élargissant sans cesse son langage à établir une logique « biologique » dit-il, entre les deux mondes imaginatifs de la pensée et de l’expression. Il tient aux titres de ses œuvres comme à des « idées » que les images acoustiques traduisent par autant de métaphores : Espaces inhabitables, 1966 : Jeîta ou murmure des eaux, 1970; le groupe des 14 pièces de l’Expérience acoustique, 1970-73; Purgatoire, une évocation tirée de Dante, 1971-72; Vibrations composées, 1973; Tremblement de terre très doux, 1978; Toupie dans le ciel, 1979; les 5 volets de la suite Son Vitesse-Lumière, 1980-83; Les couleurs de la nuit, 1982; Motion-Emotion, 1985; Théâtre d’ombres, 1989; Fabulae, 1992; La Main Vide, 1994; Morceaux de Ciels, 1997; La forme du temps est un cercle, 2002; La forme de l’esprit est un papillon, 2004 ; Univers nerveux, 2005 ; Extra-Ordinaire, 2005.

Sous le label Magison, sont édités la plupart de ces titres.

Récentes parutions: Jeîta ou Murmure des eaux, L’infini du bruit, Jeîta-retour (Cycle Bayle, volume 13), Camera oscura, Espaces inhabitables (vol. 14), La forme du temps est un cercle (vol 15), Toupie dans le ciel (vol. 16), La forme de l’esprit est un papillon, (vol 18).

Nombreuses distinctions dont le Grand Prix de la Musique de la Ville de Paris 1996, Grand Prix de l’Académie Charles Cros 1999 pour Jeîta et l’ensemble du Cycle Bayle (18 vol).

BAYLE François, 1932 – Tamatave

Born in 1932 in Tamatave, Madagascar where he lived for 14 years. Studies in Bordeaux (1946—54). In 1958-60, François Bayle joined Pierre Schaeffer’s Groupe de Recherches Musicales in Paris, and between 1959-62 worked with Olivier Messiaen and Karlheinz Stockhausen. In 1966, Pierre Schaeffer put him in charge of the GRM which, in 1975, became an integral department of the French National Audiovisual Institute (INA). He maintained this position until 1997.

In addition, it was François Bayle’s idea to create the Acousmonium (1974). He also originated the record series Collection Ina-Grm, organizes concerts and radio broadcasts still supports the development of technologically advanced musical instruments (Syter – Grm tools – Midi Formers – Acousmographe).

In 1993, he founded the Acousmathèque, a repertoire of some 2000 works composed since 1948, and that also organizes symposiums and composers’ portraits.

Upon leaving the Grm in 1997, he created his own studio and the record label Magison.

Bayle’s œuvre is notable for its masterly craftsmanship and rhetoric, its agile discourse and its sophisticated thought.

To date, he has composed 99 works.
Among others : L’Expérience Acoustique (1972), Camera oscura (1976),Tremblement de terre très doux (1978), Son Vitesse-Lumière (1980-83), Fabulae (1990-91), La main vide (1994-95) –Morceaux de ciels (Pieces of heavens) (1996), Jeîta-retour (1985-99), Arc, pour Gérard Grisey (1999), La forme du temps est un cercle (Time’s form is a circle) (1998-2001), La forme de l’esprit est un papillon (The mind’s form is a butterfly) (2001-03), Univers nerveux (2005). – Extra-ordinaire (2005)

Books published

  • Musique acousmatique, propositions… positions – Buchet/Chastel, Paris, 1993.
  • Parcours d’un compositeur – M. Chion/Musiques et Recherches, Brussels, 1994.
  • L’image de son / Klangbilder – Imke Misch – Ch. v. Blumröder/Lit Verlag, Münster, 2003.
  • François Bayle, portrait polychrome – M. de Maule/Ina, Paris, 2004.

Releases

  • 18 monographic CDs (Magison Cycle Bayle 1 to 18).

Distinctions

  • SACEM Grand Prize for Composers, 1978
  • National Record Grand Prize, 1981
  • Ars Electronica Prize, Linz, 1989
  • City of Paris Grand Prize for Music, 1996
  • Homage by the CIME of Sao Paolo, 1997
  • Charles Cros Presidential Grand Prize, 1999.

BAYLE François, 1932 – Madagascar

Despuès de una infancia en Madagascar (1932-46) y una formacion autodicta en Paris, François Bayle se une en 1958-60 al GRM. En 1966 se hace responsable de la direccion del mismo y cuando en 1975 se produce la integracion del GRM al Institut National de l’audivisuel (INA), sera Bayle quien asuma la direccion del departamento Ina-GRM.

A èl le debemos el origen de la corriente internacional de mùsicas acusmàticas, con la concepcion des acousmonium 1974 y la fudacion de la acusmathèque en 1991, una corrriente que ha atraido en los sucesivos decenios a mùltiples compositores produciendo un gran nùmero de obras, de conciertos, de producciones radiofonicas y discogràficas.

A su salida del GRM en 1997, François Bayle instala su propio estudio audionumérico y myultifonico « le Studio Magison » en el que se dedica completamente a la investigacion, la escritura y la composicion. Bajo este sello se han editado al dia de hoy 18 CD con su obra.

Entre los premios y honores que ha recebido estàn Chevalier de l’Ordre du Mérite (1976), Commandeur des Arts et Lettres (1986), Chevalier de la Légion d’Honneur (1991), el premio de compositores SACEM 1978, el Grand Prix du Disque de 1981 y el Prix Ars Electronica 1989 o el Grand Prix Charles Cros 1999.

BAYLE François, 1932 – Madagaskar

Nach Brigitte Massin In Encyclopaedia Universalis – Albin Michel

Die Originalität des Weges von François Bayle besteht darin, daß seine gesamte musikalische Aktivität der Erforschung der « akusmatischen » Welt gewidmet ist, ein Begriff, den er zu allgemeiner Geltung gebracht hat. Ein riesiges Gebiet, an dessen Ursprung sich der leidenschaftliche Bewunderer von Jules Verne, Paul Klee, Gaston Bachelard, René Thom bewegt.

Auf diese Weise ist er, in seiner Eigenschaft als Erforscher, in die Zukunft gespiegelt durch befreite Auswahl des Materials, um das sich sein Schaffen organisiert, hineingetragen in die tägliche Realität und sehr Konkret durch zahllose Aufgaben der Entdeckung und Auswertung seines Forschungsgebietes als Verantwortlicher der Groupe de Recherches Musicales (INA-GRM) von 1966 bis 1997 gebunden.

1932 in Madagaskar geboren, beendet er seine Schulausbildung in Bordeaux, verfolgt aber keine klassische musikalische Ausbildung. Sie ist vielmehr sehr persönlich: Durch die eigene Arbeit und auf Grund von Experimenten am Klang an sich entdeckt une entwickelt sich Bayle.

Natürlich verdankt er sehr viel auf diesem Gebiet Pierre Schaeffer; er hatte darüber hinaus einen guten Ratgeber in Messiaen gefunden und auch kompositionskurse bei Stockhausen besucht.

Wenn er auch in seinen ersten Werken (im Sinne von  neuen Erfahrungen) traditionelle Instrumente mit Tonband verbindet (Drei Portraits eines nicht existierenden Vogels, 1963), wird diese Verbindung in der Folge praltisch aufgegeben.

Durch das Mittel einer neuen Grammatik und Arithmetik, ausschließlich auf dem Gebiet der Klangmanipulation, sucht François Bayle, beständïg seine Sprache erweiternd, eine – wie er sagt «biologische» – Logik zwischen den zwei Vorstellungswelten, der des Gedankens und der des Ausdrucks herzustellen.

Er legt durch die Titel seiner Werke ebenso wie durch « Ideen » großen Wert darauf, dass seine akustischen Bilder sich in Metaphern übersetzen : « Unbewohnbare Räume, 1966 ; Jeita oder das Murmeln der Wasser, 1970 ; Akustischen Erfahrung, ein Ensemble von 14 Stücken un 5 Abschnitten, 1970-73 ; Purgatorium, eine Anrufung nach Dante, 1971-72 ; Zusammengesetzt Vibrationen, 1973 ; Erdbeben sehr sanft, 1978 ; Kreisel im Himmel, 1979 ; die fünf Segel der Suite Geschwindigkeit-Licht, 1980-83 ; Die Farben der Nacht, 1982; Bewegung-Erregung, 1985 ; Schattentheater, 1989 ; Fabulae, 1992 ; Die leere Hand, 1994 ; Stücke aus Himmeln, 1997 ; La forme du temps est un cercle, 1998-01 ; La forme de l’esprit est un papillon, 2001-03 ; Univers nerveux, 2004-05 ; Extra-Ordinaire, 2005.

Auszeichnungen

Grand Prix des Compositeurs sacem 1978
Grand Prix National du Disque 1981
Prix Ars Electronica de Linz 1989
darunter den Großen Preis der Stadt Paris 1996
den großen Preis der Akademie Charles Cros 1999 in honorem für die Gesamtheit seines CD-Katalogs

Commandeur des Arts et Lettres 1986
Chevalier de la Légion d’Honneur 1991
Officier dans l’Ordre National du Mérite 1997

Unter dem Label Magison sind die meisten dieser Titel erschienen (Bayle-Zyklus 1 bis 18)

Publizierte Schriften

Musique acousmatique, propositions… positions
Buchet/chastel, Paris 1993.

Parcours d’un compositeur
M. Chion/Musiques et Recherches, Ohain, 1994.

Klangbilder/L’image de son
sweisprachige Edition frz. Und dt. Mit CD-Lit Verlag, Münster 2003

François Bayle, Portrait polychrome
M. de Maule, Paris 2004.

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François Bayle, 1932 auf Tamatave (Madagaskar) geboren, wo er 14 jahre lang lebte.

Er machte eine autodidaktische musikalishe Ausbildung, die er später in Paris bei Olivier Messiaen und in Darmsdadt bei Karlheinz Stockhausen in den Jahren 1959 bis 1962 vervollständigte. In den Jahren 1958-60 stielß er zur Groupe de Recherches Musicales und zu Pierre Schaeffer, und 1966 wurde er der Verant-wortliche des GRM, das seit 1975 dem Institut National de l’Audiiovisuel angeschlossen ist. François Bayle wurde in der Folge auch der Leiter der Abteilung INA/GRM bis 1997.

Der name François Bayle verbindet sich von Anfang an mit der Entwicklung der elektronischen Musik. Er initiierte die Plattensammlung INA/GRM, veranstaltete Konzerte und regelmäßige Sendungen auf France-Musique.

François Bayle gesamte musikalische Aktivität ist der Erforschung der « akusmatischen Klangwelt gewidmet – einem Zustand reinen Hörens, bei der die Aufmerksamkeit nicht durch eine sichtbare oder vorhersehbare instrumentale Kausalität geweckt oder verstärkt wird. Die historisch frühste Nutzbarmachung der akusmatischen Hörsituation schreibt man dem Philosophen Pythagoras zu, der hinter einem Vorhang Platz nahm, um seine Schüler in äußerster Stille zu unterrichten und ihre Konzentrationsfähigkeit zu entwickeln. Unter Berufung auf Pierre Schaeffer – Erfinder der Musique concrète – schlug François Bayle den Begriff der akusmatischen Musik zur Bezeichnung der Arbeit im Studio vor, da er sie vom Spiel mit elektroakustischen Instrumenten auf der Bühne unterscheiden und so eine Musik, die im Studio gestaltet, entwickelt und wie das Kino in den Aufführungsraum projiziiert wird, mit einem ihr angemessenen Ausdruck versehen wollte. Bei seinen Entdeckungen ist Bayle als leidenschaftlicher Bewunderer von Paul Klee, Gaston Bachelard und Jules Verne einerseits auf die Zukunft ausgerichtet durch den ungezwungenen Umgang mit dem musikalischen Material. Andererseits ist er verwurzelt in der alltäglichen und sehr konkreten Realität infolge der zahlreichen Aufgaben, die mit der Entdeekung und Ausschöpfung seines Forschungsbereichs verbunden sind, so etwa von 1966 bis 1997 als verantwortlicher Leiter der Pariser Groupe de Recherches Musicales (INA-GRM). 1932 auf Madagaskar geboren, verbrachte Bayle seine Schulzeit in Bordeaux, verfolgte allerdings nicht einen klassischen, sondern vielmehr einen äußerst persönlichen musikalischen Ausbildungsweg. In diesem Zusammenhang hat er Pierre Schaeffer viel zu verdanken ; darüber hinaus erhielt er wichtige Impulse von Olivier Messiaen und besuchte Kompositionskurse bei Karleinz Stockhausen.

BAYLE François, 1932 – Madagascar

Brigitte Massin, Encyclopaedia Universalis, ed. Albin Michel

Dopo una infanzia in Madagascar e una formazione da autodidatta a Parigi negli anni ’50, François Bayle si unisce nel 1958-60 al Gruppo di Ricerca Musicale (GRM) ed a Pierre Schaeffer, Olivier Messiaen, Karlheinz Stockausen. Nel 1966, diventa responsabile del GRM, poi in seguito all’unione, nel 1975 del GRM con INA diventa direttore del dipartimento Ina-GRM sino al 1997. E il compositore che ha avuto più influenza sulla formazione diu alcuni concetti fondamentali per la musica acusmatica, come la concezione dell’acousmonium (1974) e la fondazione dell’Acusmathèque (1991).Dagli anni ’60 ha una produzione regolare di musica acusmatica. Lui stesso definisce le s tappe del suo cammino come « utopie dove si esplorano le genesi dei movimenti sonori, la grammatica della loro formazione, le loroi relazioni con gli avvenimenti del mondo fisico et psichico. Ha ricevuto numerosi premi.

L’originalità del percorso di Bayle è cosi sintetizzabile: tutta la sua attività musicale è consacrata all’esplorazione del mondo « acusmatico », usando un’espressione che lui stesso ha generalizzato. Un ampio campo in seno al quale si muove l’ammiratore appassionato di Jules Verne, Paul Klee, Gaston Bachelard, René Thom. Ed è cosi un esploratore, proiettato nel futuro attraverso la deliberata scelta del materiale attorno al quale organizza la sua creazione, inserito nella realtà quotidiana e ben concreta dei numerosi compiti legati alla scoperta e allo sfruttamento del proprio campo di esplorazione, anche come responsabvile del Groupe de Recherches Musicales (INA-GRM) dal 1966 al 1997.

Nato nel Madagascar nel 1932, termina i suoi studi a Bordeaux. La sua formazione musicale avviene in modo assolutamente personale : è soprattutto a partire dalle esperienze relative al suono stesso che Bayle si rivela e forma. E’ tuttavia debitore in questo campo a Pierre Schaeffer, Messiaen e Stockhausen. Se utilizza ancora nelle sue prime opere (a titolo di esperienza) strumenti tradizionali congiuntamente al nastro magnetico (Trois Portraits d’un Oiseau-Qui-N’existe-Pas, 1963). Il riferimento poi viene in

seguito abbandonato. Attraverso l’utilizzo di una grammatica, di una aritmetica nuova, relativi solo al settore della manipolazione del suono, François Bayle cerca, allargando senza posa il suo linguaggio, di stabilire una logica – « biologica » dice il compositore

fra i due mondi immaginativi del pensiero e dell’espressione. Questo sta ai titoli delle sue opere comme alle « idee » che le immagini acustiche traducono in altrettante metafore : Espaces inhabitables, 1966 ;  Jeîta ou murmure des eaux, 1970 ; l’insieme dei 14 pezzi in cinque parti de  L’Expérience Acoustique, 1970-73 ; Purgatoire, d’après Dante, 1971-72 ; Vibrations composées, 1973 ; Tremblement de terre très doux, 1978 ; Toupie dans le ciel, 1979  (Erosphère I e III) ; le cinque parti della suite Son Vitesse-Lumière, 1980-83 ; Les couleurs de la nuit, 1982 ; Motion-Emotion, 1985 ; Théâtre d’ombres, 1989 ; Fabulae, 1992 ; La Main Vide, 1994 ; Morceaux de Ciels,  1997 ; la forme du temps est un cercle,  1999-02 ; La forme de l’esprit est un papillon, 2002-04 ; Univers nerveux, 2004-05 ; Extra-Ordinaire, 2005.

La maggior parte di questi titoli sono stati incisi per l’etichetta Magison. Numerosi i riconoscimenti, fra i quali il Grand Prix de la Musique de la Ville de Paris 1996, Grand Prix de l’Académie Charles Cros 1999, per l’insieme del catalogo CD (Magison Cycle Bayle, volumi da 1 a 18).


Distinctions & titres

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Commandeur des Arts et Lettres 1986
Chevalier de la Légion d’honneur 1991
Officier dans l’Ordre national du Mérite 1997

Grand Prix des Compositeurs SACEM 1978
Grand Prix National du Disque 1981
Grand Prix de la Musique de la Ville de Paris 1996
Grand Prix Musique de la Ville de Paris 1996
Grand Prix de l’Académie Charles Cros 1999 (pour l’ensemble du Catalogue CD Magison)
Grand Prix Del Duca de l’Académie de France 2007
Prix de la Fondation Arthur Honegger / Académie de France 2011
Qwartz Pierre Schaeffer 2011

Prix Ars Electronica Linz 1989
Docteur honoris causa de l’Université de Cologne 2006


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