Purgatoire d'après la Divine Comédie de Dante

 
  • Année 1972
  • Durée 01:12:15
  • Référence catalogue 50
  • Concert
  • œuvre stéréophonique
  • œuvre suite
Création


Paris, Salle Récamier
Lyon, Auditorium M. Ravel, le 5 avril 1976. Chorégraphie Vittorio Biagi - Commande d’État

Liste des morceaux

Danse des chiffres

  1. 1 Chiffre 1 : l'ange de Dieu
  2. 2 Chiffre 2 : la Vallée des Princes
  3. 3 Chiffre 3 : la porte
  4. 4 Chiffre 4 : les sculptures
  5. 5 Chiffre 5 : extase
  6. 6 Chiffre 6 : l'ange-feu
  7. 7 Chiffre 7 : épreuve des flammes
  8. 8 Chiffre 8 : Paradis terrestre — Béatrice
  9. 9 Chiffre 9  : transparence
  10. 10 Chiffre 10  : figure supérieure
Notes

Le projet d'une Divine Comédie électroacoustique a été élaborée en collaboration avec Bernard Parmegiani, ce dernier se chargeant de L'Enfer. Ce diptyque appartient au genre particulier (ici nommé “cantique électronique”), spécifiquement électroacoustique, qui mêle voix parlée d'un narrateur aux possibilités sonores et musicales du studio. Cette catégorie d'œuvres fait un pont entre musique et art radiophonique. Le Purgatoire est l'un des chefs-d'œuvre du genre, entre l'Apocalypse de Jean (Pierre Henry), qui le précède de quelques années, et la Tentation de saint Antoine de Michel Chion, pour qui il fut un modèle — ou encore, plus récemment, la Chanson de la plus Haute Tour de Denis Dufour (2000).

Le projet de composition du Purgatoire remonte à l'époque de Jeîta. Le compositeur le met en rapport avec le choc même que fut pour lui son “ séjour spéléologique à Jeîta, parmi les formes fantastiques de la réalité souterraine ”. On voit par là qu'il fait partie d'un faisceau d'œuvres quasi-contemporaines qui se répondent les unes les autres. Jeîta est déjà la “ longue attente ” du Purgatoire, et les épreuves de celui-ci répondent aux expérimentations et recherches de l'Expérience Acoustique. Le Purgatoire est une nouvelle expérience acoustique, initiatique, orientée vers la transparence; il est le lieu où la lumière s'espère — comme “ Béatrice est l'espoir de l'amour ”.

Le déroulement dramatique de l'œuvre semble contenu dès les premiers sons entendus. Ces nappes, arches et arabesques électroniques sont le “sang” de la pièce — son principe de circulation. Elles nous entraînent avec persévérance à travers les épreuves, nous orientent vers la “lumière”. Leurs flux fins et moirés, étirés comme s'ils enjambaient les lieux et les époques, donnent à l'ensemble sa teneur de sérénité ardente et froide. Elles procurent presque cette sensation de douleur réparatrice qu'on ressent en étirant des muscles engourdis — c'est que la transparence se gagne par un travail. En opposition, les sons “concrets” nous ramènent à un présent étroit et douloureux : en particulier ces impacts brutaux de lames vibrantes à résonances courtes et grésillantes qui jalonnent l'œuvre — ou nous renvoie à des énergies confinées : bouillonnement de clarinette, bouffées de voix lyriques fragmentées. Le texte et la voix du narrateur (Michel Hermon), sont le troisième “pôle” de la pièce. Cette voix est souvent traitée, estompant parfois (sans jamais le rendre inintelligible) le texte de Dante, dont le sens tour à tour structure et égare l'écoute.