Motion-Émotion
- Année 1985
- Durée 00:22:00
- Référence catalogue 80
- Concert
- œuvre stéréophonique
Paris, Maison de Radio France, Grand auditorium
Cycle Acousmatique
Le titre expose lapidairement une problématique de la musique acousmatique : celui de la différence entre le son et son écoute. Le compositeur évoque dans sa notice l' “immobilité qu'on pourrait supposer à la matière sonnante qu'aucune pensée n'animerait ”. Entre la motion et l'émotion, ce qui bouge et ce qui nous bouge, il y a un espace qui est toujours déjà franchi, et sur lequel l'écoute acousmatique fait justement retour, interrogeant ce vide.
“ …L'émotion opère une brèche. Rapide ou lente, insidieuse ou brutale, elle se produit comme une intrusion. On dit qu'elle nous “gagne”, nous “ébranle”, nous “envahit”, parfois nous “submerge”. A l'évidence, elle ne vient pas de nous. D'où vient-elle ? D'une région à laquelle nous n'avons pas de nous-même accès, que nous ne rencontrons que si elle s'avance en quelque sorte vers nous. Au plus ras d'elle-même, à son départ soudain, l'émotion est un rappel du dehors. En elle, sous des angles divers, le dehors se signale dans son instance autrement sans voix, fait irruption en nous. Le dehors est de soi redoutable. ” (Roger Munier).
La pièce se présente comme un long nocturne où se succèdent des séquences qu'on peut répartir en trois univers sonores : un mode fébrile, obstiné et pullulant de sonorités de percussions métalliques (univers qui rappelle celui de Camera oscura), aux impacts durs, aux ostinato secs; un univers d'appels cuivrés et irisés qui ouvrent l'espace; et enfin, une sorte de berceuse modale d'une extrême douceur, intense et languide — dont les accents semblent appeler à une nuit sans fin.